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chronologie 1942 |
Tract portant en
en-tête : « Collection Quatrième
Internationale »
LAVAL AU
SERVICE DES TRUSTS 12 juin 1942 Laval est arrivé au
pouvoir comme le représentant authentique de la
"Révolution
Nationale". Sa première grande mesure sur le plan
économique, la concentration
industrielle par la
fermeture des petites entreprises, montre que la fameuse
"économie
dirigée" c'est simplement l'intervention de l'État en
faveur des trusts.
La France est, parmi les pays industriels, celui où subsistent,
à côté des
grandes entreprises, le plus grand nombre de petites entreprises. Comme
il faut
faire accepter "l'ordre nouveau" avant tout aux "classes
moyennes", il fallait à tout prix masquer l'action
expropriatrice que
poursuit le grand capital avec l'aide de l'Etat contre le petit
capitaliste et
mettre en relief que 20.000 ouvriers seront ainsi
"libérés" pour
aller en Allemagne. Laval espère ainsi recevoir l'approbation
des
"collaborationnistes". Mais il est clair qu'il
existe d'autres moyens pour envoyer des
ouvriers en Allemagne (plus de 100.000 y sont déjà) sans
recourir à la
fermeture des petites entreprises. Nous disions en
Novembre 1940 : "le nouvel ordre européen est toujours l'ancien
désordre
capitaliste". (La lutte contre la 2ème guerre
impérialiste). La mesure
prise par Laval vient confirmer que sous le couvert de
"corporatisme", "abolition de la lutte de classes" et
autres mots-d'ordre bien sonnants, l'impérialisme (le capital
monopoleur) mène
la plus impitoyable lutte de classes non seulement contre les ouvriers,
mais
aussi contre les petits capitalistes. Dans la guerre inouïe que se
font les
capitalistes monopoleurs à l'échelle internationale
pour le partage du monde,
les petits industriels sont sacrifiés pour que les trusts
puissent être mieux
armés contre leurs rivaux internationaux, notamment par le
partage exclusif des
matières première entre quelques grandes entreprises. Après comme avant, la
presse bourgeoise continue à présenter les communistes
comme les ennemis des
"classes moyennes". Certes nous n'avons pas de larmes pour le petit
patron qui exploite le travail humain et qui est
dévoué corps et âme au
grand capitaliste. Mais quel avertissement pour
la véritable petite bourgeoise, qui n'exploite
pas des
travailleurs, qui peine pour gagner sa vie (petits paysans, petits
commerçants,
etc...) ! Malgré la "protection" qu'on leur accorde actuellement
pour
des raisons politiques, si le prolétariat ne prend pas le
pouvoir, ils sont
voués à la ruine complète en faveur des grands
propriétaires et des trusts
d'objets de consommation. Les communistes ont
toujours proclamé parmi leurs buts la concentration des
industries. Mais
tandis que la concentration capitaliste de l'industrie
n'augmente pas le
potentiel économique de toute la société, mais uniquement
du trust qui
en est bénéficiaire et voue au chômage les
ouvriers des usines fermées,
la concentration socialiste de l'industrie accroît le
potentiel
économique de toute la société. L'Etat
ouvrier emploie les ouvriers des
entreprises fermées dans les entreprises qui continuent à
travailler. Les ouvriers doivent
donc lutter, en se groupant en rangs serrés dans les syndicats, pour
l'embauche de tous les ouvriers des usines fermées dans les
entreprises qui
continuent à tourner ; pas d'augmentation des heures de
travail ;
maintien des 40 heures ; augmentation des salaires ;
si les
matières premières manquent, il faut lutter pour la mise
en pratique du
mot-d'ordre de la 4ème Internationale : échelle
mobile des heures de travail,
c'est-à-dire répartition de tout le travail
disponible dans une branche
donnée entre tous les ouvriers de cette branche ; il ne
s'agit pas de ce
que peut ou ne peut pas le trust ou l'entreprise en question, mais de
la vie ou
de la mort de la classe ouvrière vouée à la
famine, au vagabondage et aux camps
de travail ou de concentration. Tous à l'action pour
les revendications ouvrières ! 12 juin 1942 |