N°
9
5 Février 1943
"L'époque
du
déclin capitaliste porte les coups les plus durs à la
femme,
tant comme ouvrière que comme ménagère. Les
sections
de la Quatrième Internationale doivent chercher appui dans les
couches
les plus opprimées de la classe ouvrière, et par
conséquent,
chez les femmes travailleuses. Elles y trouveront des sources
inépuisables
de dévouement, d'abnégation et d'esprit de sacrifice."
(L'agonie du capitalisme et les tâches de la IVe
Internationale). |
Côte à côte avec
les hommes
LES FEMMES TRAVAILLEUSES DOIVENT
PASSER
A L'ACTION
CONTRE
LES DEPORTATIONS !
L'arme de la grève doit être
utilisée contre les rafles d'ouvriers !
Subitement,
la bourgeoisie redécouvre les qualités professionnelles
de
la femme. La femme que le régime de Vichy a profondément
humiliée
par des mesures consacrant son "infériorité" sociale
(statut de la femme mariée, etc), figure de nouveau en
première
page des journaux, non pas au foyer conjugal parmi les casseroles
(vides)
et la marmaille (affamée), mais derrière la machine,
à
l'atelier, où elle fait montre d'une habileté toute
particulière.
Après
la débâcle de juin 1940, la bourgeoisie entreprit
d'empêcher
la lutte commune des exploités contre le capitalisme fauteur de
guerre
et de misère, et de désunir les travailleurs. Disposant
de
toutes les ressources du pouvoir policier, elle pourchassa les
"étrangers",
mit au ban de la société les "Juifs" (en
détournant
la colère des masses contre un supposé "capitalisme juif"
la bourgeoisie protégeait ainsi les capitalistes en chair et en
os
avec ou sans religion) et, pour diviser ouvriers et ouvrières,
chassa
la femme au foyer.
D'où
viennent ces alternatives de mépris et d'engouement pour la
femme
de la part des organes capitalistes ? Que se cache-t-il derrière
?
Toujours
un but d'exploitation économique.
Engagé
dans une lutte à mort pour étendre toujours plus sa
domination,
le capitalisme impérialiste (c'est-à-dire la domination
de
l'Etat et de toute la vie sociale par le grand capital) provoque des
changements
brusques et profonds dans la vie des peuples. Chômage complet ou
travail
forcé pour toute la population, esclavage familial ("retour
au foyer") ou dispersion de toutes les familles, tels sont maintenant
les effets de la domination de la bourgeoisie. Vichy déporte les
hommes en Allemagne pour y travailler au sauvetage du capitalisme
européen
contre l'Union Soviétique et veut que la femme les remplace dans
les usines en France, pour la même besogne : fabriquer des engins
de mort.
Si les
capitalistes sont prodigues de louanges sur l'habileté et
même
sur la supériorité dans certains cas du travail de la
femme,
c'est que l'ouvrière continue à être, à
travail
égal, moins payée que l'ouvrier.
Les
femmes (de même que les jeunes), sont plus que jamais
surexploitées
par la bourgeoisie. Et dans la situation actuelle, les
conséquences
de l'insuffisance des salaires sont d'autant plus graves pour la femme,
qu'exploitée à l'usine, elle doit continuer son travail
de
ménagère, terrible esclavage surtout quand il faut
soigner
enfants et mari. Et, parmi les travailleuses les plus mal
payées,
la famine appelle la prostitution, suprême exploitation de la
femme.
La femme
travailleuse ne doit pas accepter avec résignation la double
exploitation
que lui impose le capitalisme, en tant qu'ouvrière et en tant
que
ménagère. Les ouvrières entreront également
dans la lutte pour mettre fin à la situation de plus en plus
intolérable
que leur crée le régime bourgeois pourrissant.
Il faut
faire le premier pas en commençant une action résolue
basée
sur la grève, pour l'amélioration des salaires et pour la
revendication du salaire égal à travail égal pour
tous
les ouvriers sans distinction d'âge et de sexe. Lier cette lutte
à
celle des ouvriers contre la déportation pour la guerre contre
l'URSS,
voilà le premier moyen d'unifier tous les exploités
contre
les exploiteurs et faire échec aux plans de guerre
impérialistes.
Autrefois
la lutte de la femme pour l'égalité juridique et
politique
rencontrait l'incompréhension ou même l'hostilité
des
ouvriers les plus arriérés. Mais le régime
policier
de Vichy a réalisé la plus complète
égalité
politique de l'homme et de la femme, en les écrasant tous les
deux.
Ensemble, ils doivent lutter pour la reconquête des droits de la
classe
ouvrière (liberté de réunion, de presse, droit de
grève,
etc.) y compris le droit de vote pour les deux sexes à partir de
18 ans (peut-être à partir de 17 ou même de 16 ans
puisque
la bourgeoisie considère qu'à cet âge-là un
jeune
homme peut devenir chair à canon et qu'une jeune fille peut se
marier
et avoir des enfants).
Pour
lutter avec succès pour ces revendications la classe
ouvrière
doit s'organiser. Les organisations de lutte (économiques et
politiques)
du prolétariat doivent être basées sur la plus
complète
égalité de devoirs et de droits entre l'homme et la femme
dans tous les domaines et pour toutes les tâches quelles qu'elles
soient.
Sous
le régime capitaliste, qui a pour base la famille en tant que
petite
entreprise économique individuelle, l'égalité
réelle
et complète de la femme dans la société
(égalité
de charges et de droits) n'est pas possible. Libérer la femme,
seule
le peut la société socialiste qui libère la
famille
de l'esclavage économique en transformant les charges
individuelles
en charges sociales : maternités, crèches, jardins
d'enfants,
restaurants, blanchisseries, dispensaires, hôpitaux, sanatoria,
organisations
sportives, cinés, théâtres, etc., la
société
bourgeoise connaît tout cela, mais dans quelle mesure et dans
quel
but ? Hôpitaux, maternités, restaurants, etc. doivent
seulement
entretenir dans la mesure strictement indispensable à la
production
capitaliste l'efficacité de la main-d'oeuvre (assurances
sociales,
etc.). Théâtres, cinés,
organisations
sportives, etc. tout cela n'est pas destiné à rendre la
vie
heureuse et à instruire, mais à abrutir et à
maintenir
les masses sous la domination de l'idéologie bourgeoise. Quelles
que soient les améliorations conquises, la grande
majorité
des femmes croupira toujours tant que les moyens de production
appartiendront
à la bourgeoisie. Ce n'est que quand la classe ouvrière
sera
la maîtresse de ses instruments de production et de
répartition
et quand la femme prendra part à leur administration et au
travail
dans les mêmes conditions que tous les membres de la
société
travailleuse, que ses qualités pourront s'épanouir
librement
et harmonieusement.
La Quatrième
Internationale attire tout particulièrement l'attention des
femmes
travailleuses sur le fait que le seul pays où la femme ait
réalisé
le maximum d'égalité c'est l'URSS, c'est-à-dire le
pays qui s'est développé par la révolution
prolétarienne
d'Octobre 17. Elle attire également l'attention des ouvriers sur
le fait que sans l'entrée en lutte à ses
côtés
des ouvrières le prolétariat ne pourra jamais vaincre la
bourgeoisie.
Pour
améliorer les salaires et les conditions de vie, vive l'union de
lutte de l'ouvrier et de l'ouvrière ! A travail égal,
salaire
égal ! Egalité juridique pour la femme : à bas les
statuts de la femme mariée ! En s'opposant par la grève
à
ce que les ouvriers soient déportés pour la relève
impérialiste contre l'URSS, les ouvriers et les ouvrières
commenceront la lutte qui met-tra fin à la guerre
impérialiste,
au régime de misère et d'oppression, la lutte qui nous
mènera
au gou-vernement ouvrier et paysan, le gouvernement des travailleuses
et
des travailleurs !
LES
PLANS ANGLO-AMERICAINS DE CASABLANCA.
Pour
comprendre la politique des impérialistes anglais et
américains
dans la présente guerre depuis que l'Union Soviétique et
l'Allemagne
impérialiste sont aux prises, il faut se rappeler comment les
gouvernements
alliés se situent eux-mêmes par rapport à l'URSS.
Répondant
à la propagande allemande qui agite le péril
bolchévique
incarné par l'URSS, Radio-Londres, pour rassurer le monde
capitaliste
fait valoir : 1° que l'URSS est tellement affaiblie par les
destructions
occasionnées par la guerre qu'il lui faudra vingt ans pour la
reconstruction
du pays ; 2° que les puissances anglo-saxonnes en guerre
représentent
un contre-poids suffisant pour barrer la route à l'URSS en cas
de
défaite de l'Allemagne.
Les
impérialismes anglais et américain visent à
établir
leur domination sur le monde. Si ces visées les contraignent
à
utiliser la lutte de la Chine contre le Japon et de l'URSS contre
l'Allemagne,
ils doivent aussi (car il s'agit de leur sort en cas d'échec)
empêcher
et l'URSS et la Chine de remporter une victoire complète sur
leurs
adversaires impérialistes.
Ainsi,
l'offensive annoncée par les alliés a-t-elle deux
tranchants
: elle ne vise à vaincre les puissances de l'Axe que pour
établir
leur propre domination sur le monde et leur propre barrage devant
l'URSS,
faute de mieux, c'est-à-dire le rétablissement du
capitalisme
en URSS et l'exploitation coloniale de la Chine.
Roosevelt
et Churchill exigent la capitulation sans conditions des pays de l'Axe.
Cette conclusion officielle des dix jours de conversations
impérialistes
a pour but de faire croire aux masses que le but de guerre des
alliés
c'est de punir les responsables de la guerre (châtier un criminel
c'est poser en justicier) et les mettre dans l'impossibilité de
"recommencer".
L'Italie
et le Japon étaient dans l'autre guerre dans le camp
allié.
Vingt ans après, ils ont recommencé dans le camp de
l'Axe.
Quelles garanties les "nations unies" donnent-elles au monde sur
leur propre attitude ? En réalité cette phrase
("capitulation
sans conditions") veut dire que seuls MM. Roosevelt et Churchill
régleraient
le sort du monde, c'est-à-dire de tous les peuples. Y a-t-il un
seul
ouvrier pour oser confier le sort de sa classe, de ses proches et du
sien
propre aux chiens de garde du capital anglais et américain ? Ne
serait-il
pas criminel de faire de nouveau crédit aux faillis frauduleux
de
Versailles qui tous les vingt ans ont besoin d'un carnage mondial pour
sauver
la paix et la civilisation ?
Nous
devons prendre notre sort entre nos propres mains. Nous n'appelons pas
l'intervention
des alliés. Nous utiliserons pour la
Révolution
prolétarienne toutes les circonstances que feront naître
les
contradictions impérialistes. Dans la lutte que nous menons avec
le prolétariat de l'URSS et son Armée Rouge contre
l'Allemagne
impérialiste et ses alliés capitalistes européens,
nous profiterons de la nécessité où se trouvera
l'Allemagne
d'affaiblir les contingents d'occupation en vue de faire face à
ses
besoins du front, pour renverser le capitalisme et instaurer les
Etats-Unis
socialistes d'Europe.
Ainsi nous
ferons échec
à tous les plans impérialistes et nous mènerons la
société humaine à la paix, à la
liberté
et au bien-être de tous.
Hitler
ne peut lutter contre l'intervention militaire al-liée qu'avec
des
forces impérialistes, qui succombent à la tâche
d'établir
la domination du capital financier allemand sur le monde. La
Révolution
prolétarienne en Europe, c'est-à-dire les Etats-Unis
socialistes
d'Europe qui tendront la main aux ouvriers de l'URSS, opposeront aux
tentatives
de l'impérialisme anglo-américain de détruire les
Soviets
euro-péens et russes une force révolutionnaire qui sapera
la base même des impérialismes anglais et
américain.
La Révolution en Europe soulevera les peuples d'Afrique et
d'Asie
contre l'impérialisme et les prolétariats anglais et
américain
contre leur propre bourgeoisie.
DE CETTE GUERRE SORTIRONT LES ETATS-UNIS
SOCIALISTES DU MONDE,
OU LE
MONDE NE SORTIRA PLUS DE LA
GUERRE !
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