N°
13 - Numéro spécial
24
Mai 1943
APPEL
AUX OUVRIERS COMMUNISTES
Camarades,
En pleine guerre
impérialiste
et sous la pression des capitalistes de Londres et de Washington,
Staline,
qui depuis longtemps avait transformé la IIIe Internationale
d'instrument
de la révolution mondiale socialiste en objet de marchandages
diplomatiques,
désavoue l'Internationale elle-même en tant qu'instrument
d'émancipation de l'humanité de la guerre et de
l'oppression.
Grande est la joie
dans
le camp de l'impérialisme "démocratique" qui proclame la
faillite de l'internationalisme prolétarien et exalte la patrie
"éternelle" (capitaliste). Et Staline s'empresse de
déclarer
au correspondant de l'agence Reuter à Moscou que la "dissolution
de l'Internationale... prépare les voies pour l'association des
peuples basée sur l'égalité".
Mensonges impudents
que
les prétention des impérialistes "démocratiques"
et
de leur valet Staline.
Quel est l'ouvrier
qui
ne sache pas que l'Internationale a été
créée
précisément non seulement pour l'émancipation du
prolétariat
de la bourgeoisie, mais aussi, en vue de cette émancipation,
pour
réaliser l'égalité entre toutes les nations ? Quel
est le militant communiste qui ne sache pas que le fondement du
léninisme
c'est précisément l'incompatibilité du capitalisme
actuel (le capitalisme impérialiste des monopoles) avec une
"association
des peuples basés sur l'égalité" ? La guerre
impérialiste
de 14-18 et la présente guerre impérialiste n'ont-elles
pas
démontré pratiquement cette incompatibilité ? La
victoire
d'un camp impérialiste sur l'autre (victoire alliée en
1918,
victoire de Hitler en 1940) peut-elle être autre chose qu'une
exploitation
renforcée du prolétariat et une oppression des nations
les
plus faibles par la bourgeoisie des pays impérialistes les plus
forts ? Toute notre lutte jusqu'à maintenant n'a-t-elle pas
été
précisément de démontrer que seul
l'internationalisme
prolétarien dont l'instrument est l'Internationale peut
permettre
à chaque exploité d'avoir réellement une patrie
à
lui ? Que la patrie où l'ouvrier est exploité par le
capital
et où il peut crever de faim, c'est la patrie du capitaliste et
non la sienne propre ? Que la seule base de l'union fraternelle des
peuples
ce sont les Etats-Unis socialistes d'Europe et du Monde et non pas des
"patries" capitalistes isolées et ennemies ? En dissolvant la
IIIe
Internationale soi-disant pour démontrer que le
"bolchévisme"
ne s'immisce pas dans les affaires des nations, Staline ne passe-t-il
pas
ainsi dans le camp des calomniateurs de l'internationalisme
prolétarien?
Camarades,
Les brigands impérialistes
chantent trop tôt victoire. Comme aux siècles
passés
la monarchie, de nos jours l'internationalisme ne meurt jamais, car la
lutte de classes ne s'arrête ja-mais. A LA IIIe INTERNATIONALE
MORTE
SUCCEDE LA IVE INTERNATIONALE .
Du sein même
de
la IIIe Internationale, en s'opposant à la direction officielle
dans toutes les questions où celle-ci s'éloignait des
intérêts
de la classe ouvrière, est née depuis 1924 le courant
internationaliste
qui constitua en 1928 l'Opposition communiste de gauche ("trotskyste").
Quand en 1933 la faillite de la IIIe Internationale sous la direction
de
Staline devint évidente par la catastrophe allemande,
l'opposition
de gauche proclama la nécessité de la création de
la nouvelle Internationale, la Quatrième. Car la lutte de
classe,
base de la société capitaliste, rend nécessaire
à
chaque instant au prolétariat l'existence d'un Parti
prolétarien
sans lequel ses luttes sont vouées à l'échec. La
IVe
Internationale ne fait que continuer les véritables traditions
de
la IIIe Internationale du vivant de Lénine. Sa base po-litique
est
constituée par les Thèses et les Résolutions des
quatre
premiers Congrès de l'I.C. (1919-20-21-22). Que chaque
communiste
digne de ce nom étudie ces thèses et les compare avec les
bases programma-tiques de la IVe Internationale ; il deviendra alors
évident
que celle-ci continue celle-là, que de-puis 1933 la IVe
Internationale
représente la continuité révolutionnaire de la
lutte
de classes et que le communisme à jamais vivant aux coeurs des
exploités
possède contre la bourgeoisie le drapeau sans tâche aucune
de l'Internationale.
Camarades,
Par leur concert de manoeuvres,
de marchandages et de comédies diplomatiques sur le dos des
peuples,
les impérialismes anglais, américain, allemand, italien
et
la bureaucratie conservatrice soviétique, essaient
d'empêcher
que la voix de la IVe Internationale arrive aux ouvriers et aux
opprimés
de tous les pays. Car la IVe Internationale est la négation
même
de ces pratiques issues de la société de classe, elle
lutte
pour le renversement du vieux monde pourri et pour l'avènement
de
la nouvelle société socialiste, sans diplomatie, sans
marchandages,
et sans les "comédies" sanglantes de la guerre.
Mais si au cours
même
de cette guerre le prolétariat n'intervient pas lui-même
dans
la lutte avec ses buts et son véritable drapeau, le drapeau du
communisme,
alors l'impérialisme ira plus loin dans son oeuvre
contre-révolutionnaire
et contraindra la bureaucratie de mettre fin également à
l'économie planifiée de l'URSS, détruisant ainsi
l'oeuvre
fondamentale de la révolution d'Octobre 17.
Camarades,
Le devoir vis-à-vis
de la classe ouvrière est le devoir suprême de tout
militant
ouvrier. Quand il devient évident que la Parti auquel on
était
attaché par toutes ses fibres et auquel on était
prêt
à sacrifier à chaque instant sa vie renonce aux buts
permanents
de la classe ouvrière (sous quelque prétexte que ce
soit),
alors on ne peut plus continuer à fermer les yeux, à
s'endormir
avec des "raisonnements". Il faut immédiatement tirer la
conclusion
pratique fondamentale : la rupture avec l'opportunisme, pour
l'orientation
immédiate vers la recherche théorique et pratique d'un
milieu
révolutionnaire nouveau, sous peine de trahir le
prolétariat,
sous peine de trahir sa propre vie de communiste.
Camarades,
Nous disions en novembre
1940 : tout militant honnête qui ne veut pas rester impuissant
devant
la guerre et le fascisme (dont les méthodes se sont
étendues
à tous les pays capitalistes), doit adopter les principes
théoriques
de la IVe Internationale, héritière des meilleures
traditions
révolutionnaires des trois précédentes
Internationales.
Nous disions aussi qu'il y aurait en France un Parti
révolutionnaire
seulement quand des centaines et des milliers d'entre vous prendront
conscience
du rôle politique du stalinisme et deviendront les champions de
la
nouvelle Internationale. La IIIe Internationale est morte depuis
longtemps.
Le désaveu formel de Staline sous la pression de
l'impérialisme
est le dernier coup donné aux masses de tous les pays pour
lesquelles
la IIIe Internationale restait encore le symbole de la
solidarité
des ouvriers de tous les pays. Reconstruisons ensemble le
véritable
Parti prolétarien, qui bannissant de son sein le
réformisme
et le stalinisme, sera le guide révolutionnaire de la classe
ouvrière.
Réveil-lons d'abord sur le terrain de l'usine l'activité
des meilleurs éléments de la classe ouvrière en
vue
de l'organisation de celle-ci pour les luttes qui approchent, luttes
qui
secoueront de fond en comble le vieil édifice capitaliste et
qui,
en réveillant la classe ouvrière à une
activité
révolutionnaire nouvelle, balaieront de la scène
politique
les éléments pourris de ce qui reste de la IIème
et
de la IIIe Internationale. En avant pour le nouveau parti
révolutionnaire
! Vivent les Etats-Unis socialistes d'Europe ! Vive la Quatrième
Internationale !
1° Juin
1943
Groupe Communiste (IVe Internationale)
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