On
fête à Londres le 26e anniversaire de l'Armée
Rouge... C'est grâce à la création de
l'Armée Rouge par Léon Trotsky en février 1918 que
l'ancien territoire russe n'est pas devenu une colonie
franco-anglo-américaine. Mais c'est grâce aussi à
la révolte de la Mer Noire, des soviets anglais et des
révoltes dans les armées d'intervention américaines. |
DEFENSE DES TERRORISTES
Vingt-quatre
"terroristes" sélectionnés viennent d'être
livrés à la
publicité par la Gestapo, pour dégoûter de
l'armée clandestine qui lutte contre l'impérialisme
allemand, la "bonne société" et les petits-bourgeois
conformistes. Regardez-les, disent les scribes de la Gestapo, ces faces
"rusées et cruelles" de Juifs, de Polonais,
d'Italiens, d'Espagnols communistes : ces gens prétendent juger
du
destin de la France !
Certes, d'après les prostitués de la presse bourgeoise ce
sont les Doriot et les Goering aux faces bouffies, et tous les
engraissés du régime de terreur bourgeois qui doivent
décider du sort de la France...
Regardons-les bien, travailleurs : ces visages que le photographe et
les commentaires des affiches veulent nous empêcher de voir sont
des visages d'opprimés, des visages de travailleurs : ils sont
notre propre visage. Comment ces têtes d'opprimés
et d'exploités de plusieurs pays qui luttent à mort
contre
le régime capitaliste d'exploitation et de misère, ne
feraient-elles
pas écumer de rage les bourgeois gavés au marché
noir
et vautrés dans les bras de prostituées qu'ils
entretiennent
avec le sang et la sueur des ouvriers ?
Regardons-les
bien, camarades, ces têtes énergiques de jeunes qui
bravent à leur "procès" les canailles galonnées
chargées de les faire fusiller : leur courage
doit servir d'exemple à tous les jeunes, à notre
époque de guerres impérialistes et de guerres civiles.
° ° °
"Ils ont des
dizaines de crimes sur la conscience", profèrent leurs
bourreaux, experts dans l'assassinat de milliers d'hommes en un seul
jour, en une seule bataille...
"Ils ont suivi l'école du crime", clament les professeurs qui
enseignent l'"art" de la tuerie à des milliers de jeunes de 16
ans arrachés à leurs familles
contre leur gré...
"Ils ne sont pas la France", affirment les tortionnaires du peuple
français qui n'ont pas assez de leur milice, de leur police, de
leur garde-mobile, des bandes fascistes et des troupes d'occupation
spéciales pour venir à bout des dizaines de milliers de
réfractaires à la déportation et au travail pour
la guerre impérialiste, et qui se gardent bien de publier les
listes des jeunes gens qu'ils abattent par dizaines tous les jours.
"Ce sont des bandits", écrivent les journaux à solde, en
exposant certains cas particulièrement suspects. Mais si
l'activité de véritables bandits, parmi lesquels
il ne faut pas oublier des bandits de la milice, de Doriot et de
Déat,
se poursuit impunément, n'est-ce pas là le
résultat de l'anarchie croissante dans laquelle le capitalisme
et la guerre ont jeté la société ?
° ° °
LA CLASSE OUVRIERE EST
RESOLUMENT POUR CEUX QUI ONT PRIS LES ARMES CONTRE LES BOURREAUX
FRANCAIS ET ALLEMANDS QUI MARTYRISENT LES PEUPLES ; ELLE ACCUEILLE AVEC
MEPRIS LES MANOEUVRES DE DIVERSION DE LA BOURGEOISIE.
Mais la classe ouvrière est inquiète ; elle ne comprend
pas pourquoi des militants qui autrefois combattaient sans compromis la
bourgeoisie de tous les pays, mènent actuellement leur lutte
sous le drapeau tricolore et au bénéfice des
armées de Washington, de Londres et d'Alger. Les ouvriers savent
qu'ils n'ont rien à attendre d'une victoire d'armées
capitalistes qui ne feraient que relever les armées allemandes
dans leur rôle de gardes-chiourme pour maintenir le capitalisme.
Ils savent que Roosevelt en Amérique et Churchill en Angleterre
prennent contre la classe ouvrière
les mêmes mesures que Hitler en Allemagne.
LE PROLETARIAT CHERCHE DES MILITANTS ET UN PARTI QUI LUTTENT
DIRECTEMENT POUR SES INTERETS, pour son relèvement
économique et culturel, pour ses conquêtes de juin 1936,
conquêtes qui sont également odieuses et qui
rencontreraient
la même résistance de la part de tout gouvernement
capitaliste,
totalitaire ou parlementaire.
Servir la classe ouvrière, c'est lutter pour les Etats-Unis
socialistes d'Europe, pour la transformation de la guerre
impérialiste en guerre civile pour le socialisme. Lutter pour le
triomphe de soidisant démocraties sur le fascisme, c'est
renouveler
la trahison de 1914 quand les partis socialistes de l'Entente se mirent
du
côté de leur bourgeoisie sous prétexte de vaincre
le
militarisme.
De même que la grande majorité des ouvriers socialistes
comprirent la trahison de leurs chefs et passèrent à la
IIIe Internationale de Lénine et de Trotsky pour accomplir leur
devoir de classe, de même la grande majorité des ouvriers
communistes doit cesser de s'accrocher aux restes pourris de ce qui fut
autrefois la IIIe Internationale pour lutter avec les militants de la
IVe Internationale, PARTI MONDIAL DE LA REVOLUTION SOCIALISTE.
Les militants combattants du PC restés fidèles à
leur classe doivent se convaincre que le réveil de la classe
ouvrière, par l'activité croissante de ses
éléments les plus avancés et l'assaut de celle-ci
contre le régime capitaliste, n'ont rien de commun avec la lutte
sous le commandement des officiers réactionnaires de De Gaulle.
La IVe Internationale appelle les meilleurs militants de la classe
ouvrière à serrer leurs rangs autour du drapeau rouge
communiste, qui triomphera envers et contre tous de la barbarie
capitaliste et de la guerre !
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"L'ARSENAL DES DEMOCRATIES" ...
Depuis
l'entrée en guerre des Etats-Unis, Londres et Washington, qui
jusqu'à maintenant n'ont mis en ligne que peu de troupes pour la
défense de la "démocratie", font volontiers
étalage de leur production d'armement et se proclament
"l'arsenal des démocraties"...
Nous savions déjà qu'en ce qui concerne l'armement de la
résistance française, De Gaulle ne voulait pas "mettre
les points sur les i", que pour les partisans yougoslaves les
alliés font "tout ce qu'ils peuvent" (c'est-à-dire pas
grand-chose), que l'armement des troupes gaullistes en Afrique du Nord
n'a commencé qu'après l'entente Giraud-Roosevelt au sujet
de
300.000 hommes à fournir aux Etats-Unis pour lutter contre le
Japon (d'autres clauses restant secrètes), que l'aide à
l'URSS est compensée par le ravitaillement de Hitler à
travers l'Espagne.
Et voilà qu'aujourd'hui Radio-Alger rappelle l'attention sur la
situation de la Chine. L'armée de Tchang-Kaï-Chek qui
compte plusieurs millions d'hommes et qui, bien armée, pourrait
balayer l'impérialisme japonais de la Chine, manque
complètement d'armes.
Londres et Washington, qui se sont payés d'avance en s'emparant
des dépouilles de leurs alliés vaincus (Hollande,
Belgique, France, Grèce, etc.) et qui ont pris sous leur
"protection" les pays d'Amérique du Sud et
d'Afrique, ne sont pas l'"arsenal des démocraties", mais deux
arsenaux
impérialistes, qui utilisent leurs armes pour recouper la carte
du
monde suivant les intérêts des capitalistes
américains et anglais.
L'armement des peuples contre leurs oppresseurs n'est possible
que par la montée révolutionnaire du prolétariat
contre la bourgeoisie et la fraternisation socialiste entre les soldats
ouvriers et paysans quel que soit leur uniforme.
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PAR OU COMMENCER ?
Quel est l'ouvrier
de France qui ne se souvient avec fierté de la poussée
révolutionnaire de juin 1936 ? Quel est celui qui ne se rappelle
pas avoir pris part aux meetings, aux manifestations, aux
défilés, aux grèves ? En ce temps-là la
classe ouvrière, inquiétée par les attaques
fascistes et par la menace croissante de la guerre, mettait en oeuvre
toute son énergie. Les meilleurs militants, syndicalistes,
socialistes, communistes, se prodiguaient constamment, après le
travail et le dimanche, dans les réunions et les meetings de
grévistes. La vague révolutionnaire avait soulevé
les couches les plus profondes du peuple opprimé, les ouvriers
entraînant les employés, la ville entraînant la
campagne. Les partis et les syndicats virent affluer dans leurs rangs
de nouveaux membres et de nouveaux sympathisants. Effrayé par
les occupations d'usine, sentant le revolver sur la tempe, le patronat
dut céder ; une nouvelle vie sembla de-voir commencer :
ce furent la semaine de 40 heures, les congés payés, les
contrats
collectifs, le relèvement des salaires. A l'usine, l'ouvrier
releva
la tête ; au dehors, jouissant de plus de loisirs, il
commença à vivre plus dignement. L'organisation de
classe avait déterminé la victoire, à son tour, la
victoire, par la diminution des heures de travail, permettait à
l'ouvrier de consacrer du temps à la
lutte organisée. A toute une vie de déboires et
d'incertitudes l'ouvrier trouvait une issue dans l'action de classe
qui, à son tour, déterminait une amélioration de
ses conditions de vie. L'existence
des syndicats, des partis, d'universités populaires, de
meetings,
d'une presse ouvrière, de brochures, de livres, augmentait la
conscience
de la classe ouvrière, ainsi que sa confiance en soi et sa force
offensive.
° ° °
Aujourd'hui,
après les défaites subies, la situation économique
des travailleurs est devenue terrible : la journée de dix
heures, les salaires de famine, le manque complet de vivres, la
déportation en Allemagne, le chantage au départ pour ceux
qui restent, le travail forcé, l'aggravation des conditions de
travail (travail aux pièces, etc.). La vie politique est presque
nulle : et en absence d'une activité politique propre, les
ouvriers manquent de perspectives claires et en sont réduits
à espérer une amélioration de leur situation d'un
débarquement et d'une victoire alliée.
Le patronat est arrivé à ses fins : il a devant lui un
prolétariat désorganisé, désorienté
et passif ; depuis longtemps les choses n'allaient plus si bien pour
lui.
Mais la classe ouvrière ne peut tolérer qu'une telle
situation se prolonge indéfiniment : sa passivité dans
des événements qui mettent en jeu le sort du monde,
entraînerait son asservissement pour toute une
génération. Les ouvriers savent que la bourgeoisie n'a
jamais rien cédé sans une action décidée de
leur part ; et la puissance de
cette action dépend de leur organisation. La période de
la
meilleure situation économique du prolétariat fut celle
de
sa plus grande activité politique organisée.
Certes, la situation est difficile : la longueur de la journée
de travail, la nécessité de se ravitailler à la
campagne, la police, les mouchards, sont autant d'obstacles sur la voie
de l'organisation. Mais c'est justement pour
cela qu'il faut renverser la vapeur. L'amélioration de notre
situation ne peut pas venir d'événements militaires qui
sous
la conduite de la bourgeoisie ont pour but l'écrasement des
peuples.
Tout au contraire, l'attente passive de la classe ouvrière
est
un facteur important qui permet aux impérialistes de continuer
la
guerre.
Une amélioration de
la situation ne peut provenir que d'un changement dans le rapport de
forces entre la classe ouvrière et la bourgeoisie,
c'est-à-dire d'une action de classe décidée, qui
suppose auparavant une organisation et une volonté offensive.
Aux ouvriers avancés incombe aujourd'hui le devoir de donner
l'exemple en faisant le premier pas
dans cette voie. Le débrouillage au jour le jour n'a jamais rien
résolu
de grand ; la situation actuelle met en jeu l'avenir même du
prolétariat.
Pour permettre à la
classe ouvrière de se regrouper, prendre conscience de sa force
et
de ses tâches, il faut commencer le travail sur le terrain de
l'usine. Les ouvriers les plus sûrs doivent se réunir
régulièrement chez l'un d'entre eux pour envisager en
commun les problèmes de l'usine, pour lire et commenter la
littérature et les journaux ouvriers clandestins et, dans la
mesure du possible, sélectionner parmi les jeunes les
meilleurs éléments capables de s'instruire et de trouver
dans
l'étude du mouvement ouvrier la volonté et la
méthode
qui mèneront à la victoire dans les combats à
venir.
Les ouvriers feront ainsi leur propre éducation
démocratique, exerceront leur esprit
critique et choisiront les meilleurs d'entre eux pour coordonner leur
action
et multiplier les liaisons sur une échelle de plus en plus large.
La classe ouvrière a pour elle le nombre, la place
indispensable qu'elle occupe dans la production
et l'incapacité de la bourgeoisie de faire vivre plus longtemps
la
société.
La conquête du pouvoir politique ne peut pas et ne doit pas se
faire par d'autres au nom du prolétariat ; elle ne peut pas
être la conséquence d'un coup de main. "La dictature du
prolétariat qui aura pour tâche la socialisation des
moyens de production, ne peut être le fait d'une masse
menée par quelques-uns, elle doit être et elle sera l'oeuvre
des prolétaires eux-mêmes devenus, déjà
en soi et par une longue
pratique, une organisation politique."
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PROPOS DE L'OUVRIER ...
Le
vénérable premier ministre britannique Winston Churchill
vient de faire sa rentrée en scène à la Chambre
des Communes. Il paraît, d'après Radio-Londres, qu'il a
très bonne mine et qu'on ne devinerait jamais qu'il
relève d'une grave maladie.
Il a parlé pendant vingt minutes, disant notamment que
l'Allemagne est encore forte, que la campagne de bombardements sur
l'Europe va prendre une intensité inimaginable et qu'il n'a
jamais donné l'assurance que la guerre prendrait fin
en 1944...
On le voit, ce vieillard dont l'embonpoint ne semble pas avoir
diminué depuis la guerre, ne manque ni de cynisme (lui qui
annonçait des événements décisifs pour
l'automne passé) ni de patience... sur le dos des peuples !
Mais les ouvriers comprendront qu'il n'y a aucun espoir pour eux du
côté de ces bourgeois engraissés
et ivrognes qui, Anglais, Américains, Allemands ou
Français
s'entendent à merveille pour "faire durer le plaisir" qui a
déjà
coûté environ 10.000.000 d'hommes pour la plus grande
prospérité
des Ford, Detterding, Schneider, Krupp, Goering & Cie.
Comme la guerre de 14-18, qui n'a pris fin que grâce à la
révolution en Russie, en Allemagne et aux soulèvements de
soldats dans toutes les armées impérialistes, celle-ci ne
peut finir que par la révolution prolétarienne !
° ° °
Ces temps derniers,
la campagne d'intimidation des Alliés contre la Finlande a
redoublé d'intensité. Et pour bien marquer son
indignation, la radio de Londres n'hésite pas à rappeler
que ce pays avait mené la lutte contre la République des
Soviets naissante en 1919 avec Mannerheim et les Allemands.
On ne semble pas se souvenir à Londres qu'en ce temps-là
l'Angleterre, avec toutes les puissances
alliées de la guerre mondiale, était à la
tête
de la croisade contre le bolchévisme (le fameux "cordon
sanitaire"
de Churchill, dont faisait partie la Finlande).
Par ailleurs, depuis 1939-1940, où les alliés
anglo-français vantaient les efforts de
l'"héroïque" et "vaillante" Finlande contre le "monstre"
soviétique et avaient mis sur pied un corps
expéditionnaire, bien de l'eau semble être passée
sous le pont... et surtout les mines de Petsamo
ne sont plus aux mains des capitalistes anglais...
° ° °
Après avoir
longtemps fait risette à Franco (et ravitaillé en
pétrole l'Espagne qui ravitaillait l'Allemagne), comme celui-ci
ne veut pas se prêter entièrement à leur jeu, les
Anglo-Américains se rappellent brusquement qu'après tout
le Caudillo n'est qu'un... fasciste. Et nos "démocrates" de
reparler de politique intérieure espagnole, des aspirations du
peuple espagnol et de mettre en avant... le Prétendant au
trône.
Le successeur d'Alphonse, la royauté la plus
dégénérée contre laquelle les travailleurs
de la péninsule ont mené huit années de lutte sans
merci (1931-1939), voilà ce que Londres et Washington tiennent
en réserve pour les aspirations du peuple espagnol !
° ° °
Pour effacer la "honte" de
juin 1940, De Gaulle s'est engagé à faire participer la
France
à l'effort financier de guerre des alliés depuis
août 1940 sans interruption : "Honneur et... finances !"
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