CONTRE
LE COURANT
La continuation de
la parution
clandestine de notre journal au moment où la CGT, le PC et le
PS
sont "reconnus" par le nouveau gouvernement, pourrait étonner
les
travailleurs qui ont conservé la foi dans la
"légalité
républicaine". Rappelons à ces travailleurs, les plus
nombreux,
que le régime "républicain" couronné par les
décrets-lois
scélérats de 1939-1940 -toujours en vigueur- soumet la
presse
à un contrôle qui rend impossible toute expression
vraiment
libre et réprime férocement tout mouvement ouvrier
anti-militariste.
La clandestinité
ne date pas de l'occupation allemande. En 1939-1940, malgré la
légalité
d'une CGT et d'un PS social-patriotes, le PC, qui combattait alors la
politique
de guerre des gouvernements Daladier et Reynaud, n'était-il pas
dans la plus stricte illégalité ? Ses militants
n'étaient-ils
pas traqués, emprisonnés, torturés par milliers ?
La mise à mort pour activité communiste n'avait-elle pas
commencée sous le régime républicain dont se
réclame
De Gaulle ? Si aujourd'hui le PC est redevenu légal, c'est
uniquement
parce que, comme la CGT et le PS, il livre les travailleurs à la
bourgeoisie comme chair à canon pour la poursuite de la guerre
impérialiste.
Nous étions aussi,
nous Trotskystes, illégaux dès septembre 1939, parce
qu'il
nous fallait conserver notre entière liberté de mouvement
pour combattre la guerre de brigandage impérialiste que notre
bourgeoisie
avait décidé de mener, guerre qui ne pouvait conduire les
peuples de France et de tous les pays qu'aux catastrophes sans nombre
dont
aujourd'hui en-core on ne voit pas la fin.
Et cette indépendance
du contrôle bourgeois, c'est-à-dire la
clandestinité,
nous est comme avant nécessaire, car nous restons fidèles
à notre tâche. Ce n'est pas au nom d'un soi-disant
"intérêt
commun", "national", des masses travailleuses françaises avec la
bour-geoisie, que nous avons combattu Hitler et sa machine de guerre
impérialiste.
C'est au nom de la solidarité internationale des travailleurs
que
nous avons combattu et la bourgeoisie française, et
l'impérialisme
allemand. Nous continuons aujourd'hui, quelles que soient les
difficultés
et les hésitations, quelle que soit l'éventuelle
incompréhension
de certains ouvriers arriérés. Les
événements
montreront que nous ne faisons que remplir notre devoir envers la
classe
ouvrière internationale et en premier lieu envers la classe
ouvrière
française. Car, sans la transformation de la guerre
impérialiste
en guerre civile, sans le renversement de la bourgeoisie, cette guerre
sera suivie à bref délai d'autres guerres.
(Lénine).
° ° °
La bourgeoisie
essaie aujourd'hui
de manoeuvrer le mouvement de la IVe Internationale en France en
accordant
l'autorisation de paraître légalement à un journal
qui s'en réclame. Cette manoeuvre, nous la
dénonçons
et nous dénonçons aussi la compromission de ceux qui
croient
lutter réellement contre la guerre impérialiste avec
l'autorisation
et sous le contrôle de la censure bourgeoise.
Car on ne peut lutter
vraiment contre la guerre sans appeler les choses par leur
véritable
nom : la guerre, impérialiste (même faite avec l'appui des
social-patriotes) ; nos généraux, des cannibales (comme
le
dit "l'Inter") ; les gouvernements impérialistes,
français
allemand, anglais, etc., les ennemis n° 1 de leurs peuples. Et au
moment
où la tuerie impérialiste et le chauvinisme
déchaîné
font des ravages terribles, nous ne pouvons pas un instant cesser
d'appeler,
AVANT TOUT, les soldats des pays belligérants à faire
entre
nous, travailleurs, la trêve, et la guerre aux tyrans !
° ° °
Nous utiliserons
toutes les
possibilités qu'offre la légalité des
organisations
ouvrières social-patriotes pour renforcer notre mouvement et
atteindre
les couches les plus larges des travailleurs. Mais si la Lutte de
Classes
continue, elle, à paraître clandestinement, ce sera
jusqu'au
moment où les masses ouvrières, convaincues par les faits
de l'impossibilité de supporter plus longtemps un régime
d'oppression, de misère et de guerre, dresseront devant le
pouvoir
de la bourgeoisie leur propre pouvoir, le pouvoir des Conseils
d'ouvriers
et de paysans. ALORS SEULEMENT LES TRAVAILLEURS POURRONT TROUVER DANS
LA
PRESSE LEGALE LEUR PROPRE PRESSE !
"NATIONALISATION"
OU EXPROPRIATION ?
De tous les
côtés
les hommes des trusts se posent en champions de l'élimination
des
monopoles et des trusts. Mais quand on y regarde de plus près,
on
s'aperçoit qu'ici, comme dans tous les autres domaines, la
démagogie
des hommes des trusts cache leurs intentions d'oppression et
d'exploitation
du peuple. Ainsi, le programme du C.N.R. approuvé par De Gaulle,
ne demande, en tant que mesure contre les trusts, que "l'établissement
d'un impôt progressif sur les bénéfices de
guerre
et plus généralement sur les gains réalisés
au détriment du peuple et de la nation pendant la
période
d'occupation". En outre, "le retour à la nation -mais il n'est
pas
indiqué comment- des grands moyens de production
monopolisés
(sources d'énergie, richesses du sous-sol, compagnies
d'assurances,
grandes banques)". Mais par ailleurs une voix autorisée
déclare
: "les nationalisations seront des cas d'espèce".
Tout le monde se rappelle
encore la comédie des nationalisations de 1936. Encore moins
qu'alors
les hommes des trusts veulent éliminer leurs maîtres. Si
la
classe ouvrière veut chasser ceux qui ont mené
l'humanité
à la catastrophe, elle doit imposer L'EXPROPRIATION SANS RACHAT
des grandes compagnies monopoleuses. Pour cette tâche les
ouvriers
ne doivent faire foi à aucune promesse démagogique, tendant
surtout à les éliminer de l'action. L'Humanité
écrit :
"de la police, en particulier, les milieux nationaux attendent qu'elle
sache déjouer toutes les provocations du Comité des
Forges"
(7/9/44). Quelle dérision ! Ce n'est pas à la police,
corps
spécialement entretenu par la bourgeoisie pour sa
défense,
c'est aux ouvriers, dans les usines, les mines et sur les chantiers
d'imposer
leur contrôle aux capitalistes, en vue de l'expropriation sans
rachat
! VIVE LE CONTROLE OUVRIER !
La
politique internationale
LE
CHOIX
QU'IL FAUT FAIRE ...
"La France aussi
DOIT occuper
l'Allemagne... la France y a un droit particulier" ...
C'est ainsi que quotidiennement l'Humanité
revendique pour la France le droit à l'occupation de
l'Allemagne.
Les staliniens d'aujourd'hui ne peuvent pas plus brutalement et plus
cyniquement
renier le communisme de la période héroïque, quand,
en 1923, la bourgeoisie poursuivait comme criminels l'Humanité
pour
ses campagnes de presse et les militants du PC pour leurs
manifestations
contre l'occupation de la Ruhr !
Mais, le rédacteur de l'Humanité
se
"plaint" par ailleurs et "dénonce" avec une grande vigueur
certains
projets anglais et américains visant à faire des pays
d'Europe
occidentale, et de la France en particulier, une "tête de pont"
de
l'Angleterre et des Etats-Unis.
La "politique" extérieure
de Magnien a de quoi satisfaire les aspirations les plus profondes du
petit-bourgeois
obtus : opprimer soi-même au nom de la "Justice", et
crier
à l'injustice si LES MEMES exigences impérialistes le
touchent
lui-même. Car il est évident que l'occupation de
l'Allemagne
par les Anglo-Américains, avec ou sans la coopération de
la France, implique le contrôle de la France. C'est
uniquement
en contrôlant la France, la Belgique et la Hollande que les
Anglo-Américains
peuvent établir politiquement et techniquement leur
contrôle
sur l'Allemagne.
D'ailleurs, d'une façon
générale, le capitalisme à son stade
impérialiste
a non seulement séparé le monde en pays exploiteurs et
pays
exploités (peuples coloniaux, etc.), mais aussi a soumis les
impérialistes
plus faibles (Hollande, Belgique, Italie, France, etc.) à la
puissance
impérialiste mondiale que sont les Etats-Unis. Et Magnien
lui-même
le reconnaît quand il écrit : "on sait qu'elle-même
(l'Angleterre, qui doit contrôler l'Occident européen)
sera
dans une certaine mesure dans la dépendance de
l'Amérique".
° ° °
D'autre part, la
grande question
agitée par la presse patriote, c'est le droit pour la France de
décider avec les alliés dans les négociations de
paix.
A cela on répond : "ayez une force matérielle à la
hauteur de vos revendications, et après nous verrons..." Ainsi,
la Résistance nous avait trompés quand elle
prétendait
qu'en "se libérant elle-même" la France acquérait
des
droits et retrouverait une place prédominante dans le camp
allié.
Cela n'était qu'un début. Le pays appauvri,
ruiné,
saigné par cinq années de guerre aura une place non pas
en
raison des sacrifices apportés à la cause alliée,
mais "SUIVANT LE RAPPORT DE FORCES" (Lénine), comme cela se
passe
entre brigands pour partager le butin.
Et voilà pourquoi
à nouveau du sang doit être versé non seulement en
Europe, mais aussi en Extrême-Orient et partout où
l'impérialisme
français voudra imposer ses "droits".
Ce n'est donc qu'en s'arrachant
aux combinaisons impérialistes, ce n'est qu'en renonçant
à se faire l'instrument de la politique impérialiste, ce
n'est qu'en renonçant à vouloir opprimer d'autres
peuples,
que la classe ouvrière arrachera la France à de telles
combinaisons
et aux maux qui s'en suivent. Si la France doit occuper un jour une
place
d'honneur dans la grande famille des nations du globe, ce n'est plus en
tant que puissance impérialiste, mais par la contribution
importante
qu'elle aura apportée à la libération
définitive
du genre humain, à l'établissement de la
société
socialiste.
A l'alliance avec les
impérialistes, substituons l'alliance entre tous les
opprimés
: A BAS LES SOCIAL-IMPERIALISTES ! VIVENT LES ETATS-UNIS SOCIALISTES
D'EUROPE
!
-------------
POUR
UNE VERITABLE DEMOCRATIE !
Dans l'Humanité
du 7/9 Marty avoue : "La 5° colonne est entièrement
maîtresse
des postes décisifs en Afrique du Nord... La 5° colonne est
en majorité dans tous les postes dirigeants de la production
industrielle
et agricole, des transports par mer et par terre, des administrations.
Elle influence même l'armée et la marine. Elle se renforce
journellement".
Le 9/9 Marty déclare
: "nous ne voulons pas voir ici ce qui se passe en Corse, où, un
an après la libération du territoire, rien ne s'est
amélioré
dans aucun domaine".
Et il s'adresse au gouvernement
-le même, celui de De Gaulle- avec cette demande :
"l'épuration
doit être menée sans faiblesse ici, à Paris, et
sans
attendre. Demain, il serait trop tard" (l'Humanité, 7/9).
Cependant à Paris
et dans la Métropole :
1°
"épuration", du ressort
des Cours de justice bourgeoises, n'a aucun caractère de
répression
vis-à-vis des capitalistes. Mais par ailleurs L'AMNISTIE
N'EST
PAS ACCORDEE POUR LES DELITS DE 1939-1940 qui marquent encore, pour la
justice, seule légale, de la bourgeoisie, des dizaines
de
milliers de travailleurs communistes. |
2° TOUS les leviers de
commande économiques
(donc politiques) restent aux mains des capitalistes. La
situation
des masses travailleuses dépend entièrement de
leurs
décisions. Les "nationalisations" ne sont qu'une phrase. |
3° L'état de
siège est
maintenu et confirmé. En conséquence L'AUTORITE MILITAIRE
décide en fait du droit de presse et de réunion. La
censure
subsiste. |
4° La loi du 18 avril
1938 interdisant
le port d'armes aux citoyens est confirmée. Cette mesure n'est
pas
dirigée contre les fascistes, mais contre les ouvriers, car :
a) des attaques
à main armée
contre les mairies de gauche des XVIIe et XIXe arron-dissements, et des
tentatives de désarmement des FTP ont été
dirigées
par les forces officielles de l'ordre, po-lice, garde-mobile (l'Humanité,
15/9). |
b) des troupes
d'assaut spéciales
sont mises sur pied contre les organisations ouvrières (l'Humanité
15/9) sans que le gouvernement s'en émeuve. |
|
Donc,
tandis
que l'Humanité envoie les travailleurs mourir pour les
capitalistes
sur les champs de bataille, la bourgeoisie prépare son attaque
contre
la classe ouvrière.
DRESSONS NOS MILICES OUVRIERES D'USINE
ET
DE QUARTIER CONTRE LES TENTATIVES DE LA BOURGEOISIE. ARMONS-NOUS !
AYONS
NOS PROPRES DEPOTS D'ARMES ! Forgeons le front unique
prolétarien
pour la défense des exploités, pour la conquête de
la véritable liberté : A BAS LA CENSURE ! A BAS L'ETAT DE
SIEGE ! A BAS LES COURS MARTIALES ANTI-PROLETARIENNES ! A BAS LES
DECRETS-LOIS
SCELERATS DE 1938-1940 !
OU
VA LA FRANCE ?
A qui appartient le
pouvoir
?
Dans
notre dernier numéro nous avons montré comment
l'opération
appelée "insurrection nationale" n'était qu'une escroquerie
politique qui, comme la "révolution nationale" de
Pétain,
devait faire croire aux travailleurs que ce n'est pas l'Etat
bourgeois
dans son ensemble et en tant qu'instrument de domination de la classe
capitaliste
qui est l'ennemi numéro un des masses travailleuses !
Pétain s'en prit
à la forme parlementaire de l'Etat, exécrée par
les
masses de plus en plus et haïe à partir de septembre 1939,
et la rendit responsable de tous les désastres qui se sont
abattus
sur la France, y compris l'effondrement général de juin
1940.
Il appela astucieusement DEMOCRATIE la dictature parlementaire
des
cliques politiques bourgeoises, pour pouvoir ainsi présenter son
pouvoir personnel comme un ordre "nouveau". La Résistance
s'en
prit à la dictature de Pétain, pour mieux sauver les
instruments de la dictature de la bourgeoisie sur le
prolétariat
: la police, l'armée permanente, la bureaucratie, etc.
Et
si le chef du gouvernement, De Gaulle, se camoufle actuellement
derrière
des phrases "républicaines" (comme le fit en son temps un
certain
Louis Bonaparte pour arriver à l'Empire) c'est uniquement pour
tromper
les masses jusqu'au moment où la situation aura "évolué"...
Voici quatre semaines
à peine que le régime "républicain" a
remplacé
celui de "l'Etat c'est moi", les fumées se dissipent et les
choses
commencent à montrer leur véritable aspect. De Gaulle
affirme
s'appuyer sur les lois de la République : mais ces lois de la
"République", ce
sont les lois scélérates votées depuis 1938 et
surtout
en 1939-1940 par le Parlement, lois féroces anti-communistes et
anti-prolétariennes qui donnent un pouvoir DICTATORIAL au
gouvernement
bourgeois. En vain l'Humanité (qui fournit au
gouvernement
de la chair à canon patriotique) se lamente-t-elle sur le manque
de démocratie véritable. Comme nous n'avons cessé
de l'expliquer, à notre époque de guerres
impérialistes
et de guerre civile, quand le capitalisme pourrit toute la
société, ce
n'est pas la forme de l'Etat qui décide de la démocratie,
mais à qui appartient le pouvoir : à la bourgeoisie,
par des organes éloignés des masses,
au-dessus
et contre elles (police, etc.), ou aux travailleurs, par des
organes
non distincts de la masse, qui sont leur émanation directe : les
Conseils ouvriers et paysans, organisations du pouvoir des masses en
lutte.
Grâce aux staliniens, le pouvoir n'a pas un instant
cessé
d'être entièrement entre les mains de la bourgeoisie, car
les masses ne disposent d'aucun organe du pouvoir qui soit leur
émanation
et leur instrument exclusif contre les entreprises de la bourgeoisie
(milices ouvrières, comités d'usine et de quartier, etc.).
De Gaulle
réussira-t-il
mieux que Pétain ?
Cependant,
l'appareil bureaucratico-militaire,
en présence d'une crise profonde politique et économique
et des bouleversements militaires, ne suffit pas à la
bourgeoisie
pour mater complètement la classe ouvrière.
L'échec
de Pétain n'est pas dû au retrait des troupes alle-mandes
-il aurait trouvé l'appui américain s'il avait pu se
maintenir,
ce fait est actuellement notoire- mais Pétain est resté
"suspendu
en l'air" parce qu'il n'avait aucun appui du côté des
masses.
L'appareil bureaucratico-policier n'eût rien de plus
pressé
à faire que de passer du côté de De Gaulle pour se
refaire une "popularité".
Mater complètement
le prolétariat, cela seules les troupes fascistes auraient pu le
faire. Le fascisme fait plus que réduire le mouvement ouvrier
à
l'illégalité. Il dissout toute activité des
organisations
ouvrières quelles qu'elles soient, de telle façon que le
mouvement ne peut plus s'organiser, même illégalement,
hormis
de petits groupes isolés de la classe. Car le fascisme
est
lui-même un mouvement de masses, de la
petite-bourgeoisie
en particulier, qui, exaspérée par la crise, est
habilement
jetée contre les organisations ouvrières par les
capitalistes
cachés derrière un sauveur "socialiste" et "national"
genre
Mussolini ou Hitler. Mais la bourgeoisie n'a pas encore réussi
à
développer en France un mouvement fasciste d'importance
décisive.
De Gaulle est en présence
de la même tâche que Pétain : instaurer "l'ordre"
dans
une situation commandée par la guerre et l'épuisement
économique,
physique et moral de la nation. Ce qui signifie rejeter toutes les
difficultés
de cette situation sur les masses travailleuses et pauvres : sans
attendre,
la bourgeoisie s'oppose déjà à la reprise du
travail
dans des conditions qu'elle n'aurait pas elle-même
déterminées.
Contrairement à
Pétain, De Gaulle a incontestablement les masses populaires
derrière
lui. Mais de quoi est faite cette confiance ? Les petits-bourgeois lui
font confiance en tant que représentant de leurs aspirations
patriotico-chauvines,
capable en même temps de s'opposer aux exigences de la classe
ouvrière et de mater le communisme. La classe
ouvrière,
elle, fait confiance au PC, au PS et à la CGT et compte sur eux
pour arracher à De Gaulle des réformes substantielles en
faveur de la démocratie et des travailleurs !
Cette "confiance" générale
cache en réalité un conflit inévitable. En
l'absence
d'une amélioration économique et diplomatique
considérable
et immédiate -ce qui est chose exclue- que se passera-t-il ? Les
travailleurs patienteront sous la pression des organisations
social-patriotes,
mais ne pourront pas cesser d'exiger des améliorations constantes,
ce qui les poussera de plus en plus loin dans la voie de la lutte
anti-capitaliste
et pour leur propre pouvoir. De leur côté, les
petits-bourgeois,
que les capitalistes trompent en attribuant leur misère aux
revendications
ouvrières, s'exaspéreront. Ne sachant plus à quel
saint se vouer, ils seront de plus en plus travaillés par les
cadres
fascistes, constituant non plus comme avant la guerre des groupes
isolés,
mais dès aujourd'hui, à l'échelle nationale, la
base
d'un parti fasciste puissant à qui ne manque plus que la
sympathie
des masses. Ainsi la situation ne peut se développer que vers
des
solutions extrêmes : ou la dictature du prolétariat
et l'expropriation de la bour-geoisie (solution progressive de
la
crise), ou l'écrasement du prolétariat par le fascisme,
rejet
de toute la société vers la barbarie pour le maintien du
capitalisme.
De Gaulle ne représente
qu'un régime de transition de plus ou moins longue durée,
un essai de dictature bonapartiste voulant maintenir l'équilibre
entre les classes. Mais, de même qu'en Allemagne, en Espagne,
etc.,
seul le heurt décisif entre le prolétariat et les
organisations
fascistes et bureaucratico-militaires de la bourgeoisie décidera
de l'issue de la situation.
(A
SUIVRE)
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