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chronologie 1944 |
TRAVAILLEURS ! LE DESARMEMENT
DES "MILICES
PATRIOTIQUES" (8
novembre 1944) TRAVAILLEURS! Le
désarmement des "Milices Patriotiques" est un coup de force du
gouvernement contre les ouvriers. Car ce sont les ouvriers qui
composent en
majorité les "Milices patriotiques" et qui voyent en celles-ci
et
dans les armes qu'ils possèdent, un moyen de défense
contre leurs ennemis les
plus acharnés. L'activité
des "Milices patriotiques" s'est cependant toujours
déroulée dans les
limites tracées par la "Résistance": les organisations
ouvrières
social-patriotiques (PC, PS, CGT) ayant renoncé à une
action revendicative
spécifiquement ouvrière, les "Milices patriotiques" se
bornèrent à
une activité de simple police. Cependant, le gouvernement de
Gaulle a
décrété le désarmement des "Milices
patriotiques " et projette leur
dissolution. Cet
acte nettement anti-ouvrier soulève devant les travailleurs la
question: Qu'en
est-il de cette « union nationale » pour
laquelle le PC, le PS, la
CGT ont sacrifié les revendications ouvrières et une
politique de classe?
Pourquoi le gouvernement protège-t-il la minorité des
capitalistes, et est-il
hostile aux travailleurs? Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de
s'appuyer sur
le peuple contre les trusts, mais s'appuie au contraire sur les trusts
contre
les ouvriers? Pourquoi ne se soucie-t-il nullement de rassurer les
ouvriers -
par une "épuration" active, une élimination des
spéculateurs et
trafiquants toujours en place, par le musellement des monopoleurs,
etc.? Et
pourquoi se soucie-t-il par contre de rassurer les capitalistes par le
désarmement des Milices patriotiques, le musellement de la
liberté (censure
politique), la mise à l'abri des fortunes scandaleuses (emprunt
de 36)? C'est
parce que le gouvernement est un gouvernement "pétainiste sans
Pétain
", au service des capitalistes. En dehors des bandes directement aux
ordres du capital (fascistes, briseurs de grève, etc.) ce
gouvernement ne peut
tolérer aucun groupement armé indépendant de son
contrôle. Avec l'aide de la
police, corps spécialement dressé, et de l'armée,
séparée du peuple et encadrée
par le corps des officiers réactionnaire, il veut maintenir
l'ordre bourgeois
et l'esclavage des travailleurs. Les
organisations ouvrières social-patriotes sont impuissantes
devant les coups de
l'État et du gouvernement bourgeois parce qu'elles ont
renoncé à toute
politique appuyée sur l'action indépendante de la classe
ouvrière et qu'elles
prétendent mettre ce gouvernement au service des travailleurs!
Cachin demande
au gouvernement de "faire confiance au peuple et de tenir compte de ses
avis" (5/11). Les organisations social-patriotes s'accrochent au
gouvernement, qui est lui-même accroché aux capitalistes.
Mais on ne peut pas
soutenir un gouvernement bourgeois et armer en même temps le
peuple. Voilà
pourquoi les organisations social-patriotes capitulent devant le
désarmement
des "Milices patriotiques" et malgré les discours, ne donnent
aucun
mot d'ordre, aucune directive, aucun conseil aux ouvriers pour une
défense
efficace contre les entreprises réactionnaires de la bourgeoisie. Par des
discours les social-patriotes veulent masquer leur impuissance. Mais
que les
ouvriers se rappellent: au dire des staliniens, les FTP étaient
les troupes de
choc de la classe ouvrière. Mais le gouvernement bourgeois les a
assimilés aux
FFI sous prétexte d'union des forces de la nation. Les FFI
devaient être
l'armée du peuple. Mais bientôt la levée en masse
fut remplacée par
l'enrôlement individuel et puis toujours sous prétexte
d'unité, les FFI furent
amalgamées aux armées d'Afrique, sous le commandement de
l'État-major
réactionnaire. Restaient les "Milices patriotiques" dont
l'armement
était cependant contrôlé d'en ' haut et
distribué seulement pour des
« missions ». Maintenant les « Milices
patriotiques »
transformées en gardes civiques doivent être
désarmées. Et le gouvernement
conseille aux « patriotes » qui veulent agir de
s'engager dans
l'armée ou de donner leur concours à la police. Ainsi de
tout l'élan
révolutionnaire qui devait suivre l'insurrection nationale, de
l'armement du
Peuple, il ne reste aux ouvriers que le droit de se faire l'auxiliaire
de la
police bourgeoise ou de se faire commander par des
« généraux
cannibales ». Cependant,
tandis que le gouvernement s'attaque aux ouvriers, les bandes
fascistes, subventionnées
par les capitalistes, s'arment impunément, d'autant plus
facilement que
l'administration et l'armée elles-mêmes ne manquent pas,
aux postes les plus
responsables, de pareils éléments. Demain ces bandes
n’hésiteront pas à
s'attaquer aux locaux des syndicats et des organisations
ouvrières, aux
réunions, aux militants ouvriers. Ce n'est pas la police
bourgeoise, qui
maintenant s'attaque aux "milices patriotiques", qui prendra notre
défense. Il nous faut donc préparer cette défense
nous-mêmes. 1° Dans
de nombreux endroits, chez Gnôme [et Rhône], chez
Hispano[-Suiza], etc., les
ouvriers ont refusé de se laisser désarmer. La police a
reculé. Les ouvriers
doivent tous suivre solidairement cet exemple. NE RENDONS PAS NOS ARMES
 LA
POLICE BOURGEOISE: CACHONS-LES EN LIEU SÛR! 2° Les
"gardes civiques et républicaines", légalement
désarmées et
contrôlées par les Autorités, ne peuvent aucunement
servir à la défense de la
classe ouvrière. IL FAUT CRÉER UN RÉSEAU DE
MILICES OUVRIÈRES, sur la base de
l'entreprise et du quartier, réunissant les ouvriers
dévoués sans distinction
de Parti, et ayant comme but non pas la défense de "l'ordre " en
général, mais la défense des usines contre les
attaques fascistes, la défense
des grèves, des réunions, des syndicats, des
organisations et de la presse
ouvrières. 3° Les
ouvriers doivent faire pression sur leurs organisations pour qu'une
propagande
ouverte soit faite en faveur des Milices ouvrières, afin
qu'autour des ouvriers
courageux des Milices soit créée une atmosphère de
sympathie et de soutien de
la part de tous les ouvriers. 4° Les
milices ouvrières doivent servir de centre pour
l'entraînement militaire de
tous les ouvriers. 5°
Devant l'attitude et l'action hostile du gouvernement, les travailleurs
doivent
créer leurs propres organes du pouvoir, capables de soutenir et
de diriger
l'action des milices ouvrières. Ces organes sont les
COMITÉS OUVRIERS, élus
démocratiquement, sans distinction de Parti, par tous les
ouvriers de l'usine,
du quartier ou de la localité. 6°
"LES OUVRIERS DOIVENT TENDRE Â AVOIR DES ARMES COMME UN GAGE DE
LEUR
AFFRANCHISSEMENT " Les ouvriers doivent montrer qu'ils sont prêts
à lutter
jusqu'au bout contre leurs oppresseurs et qu'ils ont de quoi lutter. La
Milice
Ouvrière est le premier pas vers l'armement du
prolétariat. Seuls les ouvriers
en armes peuvent balayer la bourgeoisie et toute sa pourriture. Les
armes
fabriqués par les ouvriers ne doivent pas être
utilisées par les fascistes, ni
par la police bourgeoise. Elles doivent être entre les mains du
prolétariat
comme instruments de son émancipation future. VIVENT LES MILICES
OUVRIÈRES ! VIVE
L'ARMEMENT DU PROLÉTARIAT ! 8
Novembre 1944 UNION
COMMUNISTE (4'Internationale) |