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chronologie 1946 |
(24 mai 1946) TRAVAILLEURS, Les
élections du 21 Octobre nous avaient
été présentées comme le retour à la
« démocratie républicaine ». Mais de Gaulle,
tout en proclamant ce
retour, enleva à l'Assemblée son droit de contrôle
sur le gouvernement, par la
manœuvre du « référendum ». C'est pourquoi
nous avons eu pendant sept
mois une Assemblée-croupion, et, sous de Gaulle comme sous
Gouin, un
gouvernement indépendant, incontrôlé et
irresponsable, comme l'ont été tous les
gouvernements depuis Daladier et Reynaud (1938-40) et Pétain (1940-44). Nous avons eu en fait le même
système totalitaire, couvert seulement d'une feuille de vigne
pseudo-parlementaire. C'est cette
même loi du 21 Octobre qui
régira la prochaine Constituante qui ne sera ainsi qu'une
nouvelle
Assemblée-croupion. Bien entendu,
du fait qu'une poignée de
riches capitalistes monopolisent entre leurs mains toutes les
richesses, la
démocratie parlementaire, c'est-à-dire LE CONTRÔLE
SUR LE GOUVERNEMENT par un
Parlement élu au suffrage universel et la libre candidature, n'a
jamais été et
ne sera jamais le contrôle réel des masses travailleuses
sur le gouvernement. Mais ce
système était le seul cadre
politique dans lequel la domination de la bourgeoisie, monopolisant
toutes les
richesses, pouvait s'accommoder d'un certain bien-être, d'une
certaine liberté,
du peu de démocratie que les masses travailleuses avaient
conquis par leurs
luttes. Or, ces
conquêtes des masses travailleuses
ont été anéanties par la guerre et l'exploitation
terrible qu'elles subissent
depuis des années. Aujourd'hui, pour la bourgeoisie, il n'est
plus question de
consacrer et de limiter ces conquêtes dans le cadre du
parlementarisme et de la
collaboration de classes, mais de mener contre les masses une offensive
permanente, comme sous Pétain. à l'aide de l'État
bureaucratique et policier.
Elle a donc besoin d'un Parlement tout juste bon pour camoufler,
derrière des
"manifestations de la volonté populaire", le pouvoir
répressif de
l'État bourgeois. C'est pourquoi elle a manœuvré pour
supprimer à la fois la
liberté de candidature (par le cens électoral), et tout
pouvoir de contrôle de
l'Assemblée. Par
conséquent, considérant que les
querelles entre les Partis, concernant la question des Chambres ou du
pouvoir
du Président, n'ont d'autre but que de camoufler cette
émancipation du
gouvernement de tout contrôle et la consécration du
bonapartisme parlementaire,
que les Partis faisant acte de candidature pour les élections du
2 Juin ont,
sans exception aucune, approuvé d'une manière ou d'une
autre ce système (par le
« oui-oui » le 21 Octobre, ou par le
« oui » le 5 Mai), que
du triple point de vue de la Constitution, des Partis qui font acte de
candidature
et du mode d'élection, les travailleurs n'ont aucun
intérêt à participer aux
élections du 2 Juin, L'UNION
COMMUNISTE appelle les
travailleurs à boycotter la Constituante-croupion, à
s'abstenir de voter, et à
manifester ainsi la volonté de rejeter le régime du
"pétainisme sans
Pétain" et de l'étouffement bureaucratico-policier actuel. 24 Mai 1946 Lisez "La Lutte
de Classes" Correspondance
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